L’acteur emblématique du démon cornu a mis un point final aux spéculations. Il ne renfilera pas le costume de Hellboy, à moins qu’une condition bien précise ne soit remplie : le retour du réalisateur originel derrière la caméra. Pour lui, la question n’est pas négociable. Il considère que la saga cinématographique est indissociable de la vision de son créateur à l’écran, et a donc systématiquement décliné les propositions de reprendre le rôle dans les divers projets de relance. Cette fidélité artistique explique pourquoi le très attendu troisième chapitre de la saga initiale n’a jamais vu le jour, laissant les fans sur leur faim et la franchise dans une impasse créative.
Les raisons du refus de ron Perlman
Une fidélité à toute épreuve
La position de l’acteur est claire et n’a pas varié au fil des ans. Il estime avoir une dette envers le réalisateur qui lui a confié ce rôle iconique. Pour lui, incarner à nouveau le personnage sans sa présence serait une forme de trahison. Il ne s’agit pas d’une simple préférence, mais bien d’un principe fondamental. Il a déclaré à plusieurs reprises que la seule version de Hellboy qui l’intéresse est celle qu’ils ont bâtie ensemble, une vision qu’il juge inachevée.
Le refus catégorique des reboots
Lorsque les studios ont décidé de relancer la franchise avec une nouvelle équipe, l’acteur a été approché pour faire une apparition, une sorte de passage de flambeau. Il a poliment mais fermement décliné l’offre. Il ne souhaitait pas légitimer un projet qui s’éloignait de l’esprit originel de la duologie. Cette décision a été motivée par le respect pour le travail accompli et la conviction que la boucle narrative devait être bouclée par ceux qui l’avaient commencée.
Cette posture intransigeante démontre à quel point la relation entre un acteur et un réalisateur peut transcender le simple cadre professionnel, au point de conditionner l’existence même d’un projet. L’attachement de l’interprète principal n’est pas au personnage en soi, mais à la vision spécifique qu’en avait un cinéaste.
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Une collaboration fusionnelle
Le duo acteur-réalisateur est connu pour sa complicité et ses nombreuses collaborations fructueuses. Leur travail sur les deux premiers films Hellboy est le fruit d’une confiance mutuelle et d’une vision artistique partagée. L’acteur a souvent souligné que le cinéaste possède une compréhension unique de l’univers et du personnage, mêlant l’horreur gothique, la poésie et une profonde humanité. C’est cette alchimie qui, selon lui, a rendu les films si spéciaux et irremplaçables.
La trilogie inachevée
Pour l’acteur, les deux premiers films ne sont que les deux premiers actes d’une histoire en trois parties. Il a toujours affirmé que le troisième volet était nécessaire pour apporter une conclusion satisfaisante à l’arc narratif du personnage. Les thèmes abordés devaient être :
- Le destin de Hellboy en tant que destructeur de mondes.
- La naissance de ses enfants jumeaux et leur rôle dans l’apocalypse.
- Son acceptation finale de sa nature démoniaque pour sauver l’humanité.
C’est cette finalité grandiose, imaginée par le réalisateur, que l’acteur souhaite par-dessus tout porter à l’écran. Toute autre version lui semble anecdotique et dénuée de sens.
Cependant, la volonté d’un acteur et d’un réalisateur, aussi forte soit-elle, se heurte parfois aux réalités de l’industrie et aux relations complexes entre les différents créateurs impliqués dans un projet.
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Des visions divergentes
Le principal obstacle à un troisième film dirigé par le réalisateur originel a été la détérioration de ses relations avec le créateur des bandes dessinées. Au fil du temps, des divergences créatives sont apparues. Le créateur des comics souhaitait une adaptation plus fidèle à l’horreur et à la noirceur de son œuvre, tandis que le cinéaste privilégiait une approche plus proche du conte de fées sombre et de la fantasy épique. Ces deux visions, bien que brillantes, sont devenues de plus en plus difficiles à concilier.
La rupture définitive
La situation a atteint un point de non-retour, menant à une rupture qui a rendu toute collaboration future improbable. Le créateur des comics a finalement décidé de reprendre le contrôle créatif de sa licence au cinéma, préférant repartir de zéro avec une nouvelle équipe plutôt que de poursuivre une voie qui ne lui correspondait plus. Cette décision a sonné le glas du troisième film tant espéré par les fans et par le duo initial.
Positions des parties prenantes
| Partie concernée | Position | Conséquence |
|---|---|---|
| L’acteur principal | Loyauté exclusive au réalisateur | Refus de participer à tout autre projet |
| Le réalisateur | Désir de conclure sa trilogie | Impossibilité de procéder sans l’accord du créateur |
| Le créateur des comics | Volonté d’une adaptation plus fidèle | Soutien à un reboot complet de la franchise |
Cette impasse a eu une conséquence directe et douloureuse pour les admirateurs de la première heure : l’abandon pur et simple du projet de conclusion de la trilogie.
Le troisième volet avorté
Un scénario prometteur
Le projet de troisième film était bien plus qu’une simple rumeur. Le réalisateur avait une idée très précise de la conclusion qu’il voulait offrir. L’histoire aurait vu Hellboy affronter son destin apocalyptique, obligé de devenir la Bête de l’Apocalypse pour vaincre un ennemi encore plus grand, avant de se sacrifier. C’était une fin dramatique et opératique qui aurait élevé la saga à un tout autre niveau, explorant pleinement les thèmes de la prédestination et du libre arbitre qui parcouraient les deux premiers opus.
Les raisons de l’annulation
Plusieurs facteurs ont contribué à l’échec de ce projet. Au-delà des tensions créatives, le principal obstacle fut financier. Le budget nécessaire pour réaliser la vision ambitieuse du cinéaste était colossal, et les studios étaient réticents à investir une telle somme, les deux premiers films n’ayant pas été des succès financiers écrasants. Les raisons de l’annulation peuvent se résumer ainsi :
- Budget trop élevé : Les studios ont jugé le risque financier trop important.
- Divergences créatives : L’incompatibilité entre la vision du réalisateur et celle du créateur des comics.
- Performance au box-office : Les résultats des films précédents n’ont pas garanti un retour sur investissement suffisant.
Face à cette impossibilité de conclure l’histoire, les détenteurs des droits ont opté pour la solution la plus courante à Hollywood : une nouvelle version destinée à effacer la précédente.
L’échec commercial du dernier hellboy
Une tentative de retour aux sources
Le dernier film en date, Hellboy : The Crooked Man, a été présenté comme un retour aux sources, plus proche de l’horreur des comics originaux. Avec un budget plus modeste et une approche plus sombre, le projet visait à séduire les puristes de l’œuvre papier. Malheureusement, l’accueil a été glacial, tant de la part de la critique que du public. Le film a souffert de la comparaison inévitable avec les œuvres précédentes et n’a pas réussi à imposer sa propre identité.
Un désastre au box-office
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le film a été un échec commercial retentissant, ne parvenant même pas à rembourser son coût de production. Cet insuccès a confirmé les craintes de beaucoup : sans la magie du duo originel, la franchise peine à exister sur grand écran.
Résultats financiers de Hellboy : The Crooked Man
| Indicateur | Montant (estimation) |
|---|---|
| Budget de production | Environ 20 millions de dollars |
| Recettes mondiales | Moins de 10 millions de dollars |
| Perte estimée | Plus de 10 millions de dollars (hors frais marketing) |
Cet échec cuisant, s’ajoutant à celui du reboot de 2019, a plongé la licence dans une situation encore plus précaire, remettant en question sa viabilité même au cinéma.
L’avenir incertain de la franchise hellboy
Une licence maudite ?
Après deux tentatives de reboot infructueuses, la franchise Hellboy semble porter le poids d’un héritage trop lourd. Chaque nouveau projet est inévitablement jugé à l’aune des films du réalisateur mexicain, et jusqu’à présent, aucun n’a réussi à soutenir la comparaison. La fidélité de l’acteur originel à cette vision renforce l’idée que la foudre ne frappera peut-être pas deux fois au même endroit. L’aura de la première adaptation est devenue à la fois une bénédiction pour sa popularité et une malédiction pour son avenir.
Quelles options pour le futur ?
L’avenir de Hellboy au cinéma est plus flou que jamais. Les studios pourraient décider de laisser la licence en jachère pendant plusieurs années, le temps que les échecs récents se fassent oublier. Une autre option serait de se tourner vers un autre format, comme une série d’animation haut de gamme, qui permettrait d’adapter plus fidèlement la richesse de l’univers des comics sans subir la pression d’un blockbuster hollywoodien. Quoi qu’il en soit, le défi sera de convaincre un public devenu méfiant.
La saga du démon cornu au cinéma est un cas d’école sur l’importance de l’alchimie créative. La loyauté indéfectible de son interprète principal à la vision d’un réalisateur, couplée aux dissensions avec le créateur original et aux échecs commerciaux des tentatives de relance, a laissé le personnage dans un état de stase. Tant que la condition posée par l’acteur ne sera pas remplie, il est probable que le véritable Hellboy, celui qui a conquis le cœur de millions de spectateurs, restera confiné aux deux films qui ont fait de lui une icône du cinéma fantastique.

