Malgré un échec critique et commercial retentissant pour son quatrième opus, la franchise d’action semble déterminée à survivre. L’annonce d’un potentiel cinquième film, probablement sans sa figure tutélaire, soulève de nombreuses questions. Après une production chaotique et un résultat au box-office désastreux, où le film n’a récolté que 37 millions de dollars pour un budget de 100 millions, l’avenir de la saga paraissait scellé. Pourtant, dans les coulisses d’Hollywood, un accord stratégique pourrait bien changer la donne et forcer le retour des mercenaires, avec ou sans leur leader historique.
Expendables 5 : un pari risqué pour Lionsgate
Le spectre de l’échec commercial
L’investissement dans un cinquième volet de la franchise Expendables représente une prise de risque considérable pour le studio Lionsgate. Le précédent film a non seulement échoué à atteindre la rentabilité, mais il a également établi un précédent alarmant. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et illustrent l’ampleur du désastre financier, un facteur que les producteurs ne peuvent ignorer.
| Film | Budget (hors marketing) | Recettes mondiales |
|---|---|---|
| Expendables 4 | 100 millions $ | 37 millions $ |
Une réputation entachée
Au-delà des pertes financières, c’est l’image même de la marque qui a été écornée. Expendables 4 a été perçu par beaucoup comme une trahison de l’esprit original de la saga, qui reposait sur le charisme de ses vétérans et une action décomplexée. Reconstruire la confiance du public sera un défi majeur. Le film a souffert d’effets spéciaux jugés médiocres et d’un scénario qui a mis de côté les personnages les plus emblématiques, laissant un goût amer aux fans de la première heure.
Ce pari audacieux de Lionsgate s’explique en grande partie par les raisons profondes qui ont conduit le précédent opus à sa perte.
Les raisons de l’échec d’Expendables 4
Un scénario décousu et un casting décevant
L’une des principales faiblesses du quatrième film réside dans son écriture. L’absence du créateur de la saga au scénario s’est cruellement fait sentir. Le récit a semblé décousu, avec une tentative maladroite de passer le flambeau à une nouvelle génération de personnages manquant de charisme. La mise en retrait quasi totale de Barney Ross, le cœur de l’équipe, a été une décision narrative que le public n’a pas pardonnée. Les nouveaux venus n’ont pas réussi à s’imposer, laissant une impression de vide.
Une production visiblement chaotique
Les problèmes ne se limitaient pas au scénario. La production elle-même a été marquée par des tensions, notamment le départ temporaire de la star principale du projet, un signe avant-coureur des difficultés à venir. Ce chaos en coulisses a transpiré à l’écran, donnant un film qui manquait de cohérence et d’âme. Plusieurs éléments ont contribué à cet échec :
- Une mise en scène jugée impersonnelle et sans inspiration.
- Des effets visuels de qualité inférieure aux standards actuels.
- Un montage qui peinait à créer un rythme et une tension efficaces.
- Le sentiment général d’un projet purement mercantile, dépourvu de la passion des premiers films.
L’implication déclinante de la figure centrale de la franchise est sans doute le symptôme le plus évident de ce déclin, marquant la fin d’un cycle pour la saga.
Sylvester Stallone : la fin d’une ère pour la franchise
Le passage de flambeau manqué
Expendables 4 devait orchestrer la transition, faisant du personnage de Jason Statham le nouveau leader. Cependant, l’exécution a été si mal gérée que le passage de flambeau a tourné au fiasco. Le film n’a pas réussi à légitimer ce nouveau chef, car il a simultanément manqué de respect au leader historique en l’écartant de manière peu convaincante durant la majeure partie de l’intrigue. Le public n’a pas adhéré à cette nouvelle dynamique forcée.
Un créateur en retrait
Plus qu’un simple acteur, Sylvester Stallone était l’architecte de la franchise. Il a co-écrit les trois premiers films et réalisé le premier, insufflant sa vision et sa passion pour le cinéma d’action des années 80 et 90. Son désengagement du processus créatif sur le quatrième volet a été un signal fort : l’âme de la saga avait disparu. Sans son impulsion, la franchise est devenue une coquille vide, perdant ce qui faisait sa spécificité.
Cette fin d’ère, bien que douloureuse pour les fans, ouvre paradoxalement la porte à une réinvention totale de la saga, l’obligeant à se tourner vers un nouvel horizon.
Vers un nouvel horizon pour Expendables
Reboot, prequel ou spin-off ?
Avec le départ probable de sa star fondatrice, la franchise est à la croisée des chemins. Plusieurs options stratégiques s’offrent aux producteurs pour relancer la machine. Un reboot complet permettrait d’effacer l’ardoise de l’échec récent et de repartir sur de nouvelles bases avec un casting entièrement neuf. Un prequel pourrait explorer les origines de l’équipe, tandis qu’un spin-off centré sur un personnage populaire, comme celui de Jason Statham, pourrait capitaliser sur une valeur sûre.
Un virage vers le petit écran
L’accord entre Lionsgate et Millennium Media n’exclut pas une exploitation télévisuelle. Une série pourrait être une solution judicieuse pour approfondir des personnages souvent survolés au cinéma. Ce format permettrait de développer des intrigues plus complexes et de donner plus de substance à l’univers des Expendables, loin de la contrainte d’un film de deux heures. La possibilité d’explorer des missions variées et de présenter de nouveaux membres d’équipe sur la durée pourrait redynamiser l’intérêt du public.
Ces nouvelles perspectives sont le fruit direct d’un accord commercial majeur qui redéfinit les règles du jeu pour la franchise.
Lionsgate et Millennium Media : un partenariat stratégique
Plus qu’un simple accord de distribution
L’annonce de l’accord entre les deux entités a changé la donne. Lionsgate, auparavant simple distributeur nord-américain, détient désormais les droits de développement et de production. Cela signifie que le studio a un contrôle créatif et financier bien plus important sur l’avenir de la franchise. Il ne s’agit plus de simplement commercialiser un produit fini, mais de façonner activement son futur, une implication qui témoigne d’une foi renouvelée dans le potentiel de la marque.
La diversification de la marque
Ce partenariat ne se limite pas au cinéma ou à la télévision. Le communiqué officiel mentionne explicitement la création de jeux vidéo et d’autres “extensions multiplateformes”. L’objectif est clair : transformer Expendables en une propriété intellectuelle globale, capable de générer des revenus sur différents supports. Cette stratégie de diversification vise à construire un écosystème autour de la franchise, la rendant moins dépendante du succès d’un seul film.
Malgré cette ambition stratégique, le projet devra surmonter un obstacle de taille : l’absence de celui qui a incarné la saga depuis ses débuts.
Les défis d’un futur sans Sylvester Stallone
Trouver un leader charismatique
Le défi le plus immédiat sera de trouver un successeur crédible. Jason Statham est le candidat naturel, mais possède-t-il la même aura fédératrice que son prédécesseur ? La force de la franchise résidait dans la capacité de Stallone à réunir autour de lui des légendes du cinéma d’action. Le nouveau leader devra non seulement être un héros d’action convaincant, mais aussi un chef de bande capable d’attirer d’autres talents et de porter le film sur ses épaules.
Conserver l’ADN de la saga
Comment préserver l’esprit Expendables sans son créateur ? L’ADN de la saga est un mélange unique de nostalgie, d’action explosive à l’ancienne, d’autodérision et de camaraderie virile. Le risque est de produire un film d’action générique qui ne porterait que le nom de la franchise. Les futurs scénaristes et réalisateurs devront manier ces ingrédients avec soin pour ne pas dénaturer l’essence de ce qui a fait le succès des premiers films.
Face à ces défis, les attentes du public pour un éventuel cinquième film sont à la fois curieuses et prudentes.
Quelles attentes pour Expendables 5 ?
Un casting renouvelé avec intelligence
Pour réussir, Expendables 5 devra proposer un casting qui allie nouveauté et fidélité. Conserver quelques visages familiers comme Jason Statham, Dolph Lundgren ou Randy Couture serait essentiel pour assurer une continuité. Cependant, l’injection de sang neuf est indispensable. Le choix des nouvelles recrues sera crucial : il faudra trouver des acteurs qui incarnent l’esprit du film d’action et qui possèdent un charisme suffisant pour s’intégrer à l’équipe sans paraître déplacés.
Un retour aux sources narratives
Après l’intrigue jugée confuse et peu engageante du quatrième volet, un retour à la simplicité serait bienvenu. Les fans attendent un scénario direct et efficace : une mission claire, des enjeux élevés et des méchants mémorables. Le film devra se concentrer sur ce qu’il sait faire de mieux : offrir un spectacle d’action généreux et divertissant, sans se perdre dans des sous-intrigues inutiles ou des tentatives de drame mal maîtrisées.
La question finale demeure : cette accumulation de défis et d’attentes laisse-t-elle une réelle chance à la franchise de se relever ?
La franchise peut-elle renaître de ses cendres ?
Les conditions du succès
Une résurrection est possible, mais elle est conditionnée par plusieurs facteurs non négociables. Le succès d’un futur projet dépendra impérativement de la capacité des producteurs à tirer les leçons du passé. Pour que la magie opère à nouveau, il faudra :
- Un scénario solide et respectueux de l’esprit de la saga.
- Un réalisateur passionné par le genre et doté d’une vision claire.
- Un budget maîtrisé et alloué intelligemment, notamment aux effets spéciaux.
- Un casting charismatique capable de créer une nouvelle alchimie.
Le risque d’un échec définitif
L’enjeu est de taille. Un nouvel échec commercial ou critique serait probablement fatal. La marque Expendables ne survivrait pas à un deuxième désastre consécutif. Lionsgate joue gros : soit le studio réussit à relancer la machine et à prouver que la franchise peut exister sans sa star historique, soit il enterre définitivement l’une des sagas d’action les plus emblématiques des années 2010. Le droit à l’erreur est désormais inexistant.
En dépit d’un quatrième opus qui a frôlé le naufrage, la franchise Expendables n’a pas dit son dernier mot, portée par un nouvel accord de production ambitieux. Son avenir, qui s’écrira très certainement sans Sylvester Stallone, dépendra de sa capacité à se réinventer tout en restant fidèle à son ADN. Le défi consiste à prouver qu’une équipe de mercenaires peut survivre au départ de son général, une mission qui s’annonce aussi périlleuse que spectaculaire.

