Un film qui fait parler de lui. Un choc visuel et émotionnel. Évanouis, réalisé par Zach Cregger, s’impose déjà comme l’un des thrillers horrifiques les plus fascinants de 2025. Plus qu’une simple enquête sur des disparitions, c’est un miroir tendu à une communauté en crise, un voyage dans les angoisses collectives et l’histoire enfouie d’une ville américaine.
Une histoire qui glace le sang
Imaginez. Tous les enfants d’une même classe disparaissent en une nuit, à la même heure. Tous sauf un. Pas de traces, pas d’explications. Le cauchemar absolu pour une ville de province ordinaire. C’est le point de départ d’Évanouis.
L’intrigue pourrait sembler classique, mais Zach Cregger choisit une approche différente. Pas de héros unique qui résout tout, pas de “sauveur”. Le film adopte une structure en chapitres, suivant différents habitants : parents en détresse, policiers dépassés, journalistes, voisins, et ce fameux enfant rescapé. Chaque point de vue apporte un morceau de vérité, mais aussi une nouvelle dose de tension.
Un récit choral aux allures de thriller social
C’est là que le film brille. Évanouis n’est pas qu’un film d’horreur. Il explore aussi comment une communauté apparemment soudée se fissure sous la pression. Les soupçons s’installent, les rancunes anciennes refont surface. Chacun cherche un coupable. Et si c’était un voisin étrange ? Un professeur ? Ou quelque chose… de beaucoup plus sombre et invisible ?
Cregger filme cette paranoïa avec une précision chirurgicale. Les disparitions deviennent un prétexte pour explorer la peur, la haine, mais aussi la solidarité. Un peu comme dans les meilleurs films de John Carpenter : derrière l’horreur, une critique sociale affleure toujours.
Un casting qui magnifie le film
Difficile de parler d’Évanouis sans saluer son trio d’acteurs principaux :
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Josh Brolin, parfait en père de famille brisé, tiraillé entre colère et désespoir.
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Julia Garner, bouleversante dans le rôle d’une institutrice locale qui tente de garder la tête froide.
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Alden Ehrenreich, en shérif dépassé mais déterminé, apporte une humanité profonde au récit.
Leurs performances évitent le manichéisme. Personne n’est tout blanc ou tout noir. Chacun navigue dans la zone grise de la peur et du doute.
Une mise en scène qui rappelle les grands maîtres
Zach Cregger confirme qu’il n’est pas un réalisateur de passage. Son style ? Des plans longs, des travellings hypnotiques, des dézooms qui laissent la terreur s’installer doucement. Pas de jump scares gratuits. L’horreur vient de ce qu’on ne voit pas, de ce qu’on devine.
On sent l’influence de John Carpenter, mais aussi de certains thrillers des années 70 et 80, où la lente montée de la tension valait mille effets spéciaux. Cregger ancre son récit dans le réel, malgré une intrigue presque surnaturelle. Et c’est ce contraste qui rend le film si troublant.
Pourquoi Évanouis marque une rupture dans le cinéma actuel ?
Hollywood nous abreuve de blockbusters clinquants, souvent coupés du réel. Évanouis prend le contre-pied. Il reste à hauteur d’homme, au cœur d’une petite ville et de ses habitants. Les disparitions sont terrifiantes, mais le film parle surtout de l’innocence perdue et de la mémoire collective.
Derrière le mystère, une vérité ancrée dans l’Histoire se dessine. Pas de spoilers ici, mais sachez que le dénouement, loin d’être un simple twist, résonne comme une critique politique et historique. On en sort secoué, et c’est tout l’intérêt.
Un mélange d’angoisse et… d’humour ?
Oui, étonnamment. Certains dialogues, certaines situations offrent un humour noir bienvenu. Une respiration dans ce climat oppressant. Cette ironie, parfois grinçante, rappelle que la peur et le rire peuvent cohabiter et renforcer le propos.
Un futur classique du thriller horrifique ?
Avec une presse séduite (note moyenne de 3,8/5) et des spectateurs conquis, Évanouis semble promis à une belle postérité. Ce mélange de thriller psychologique, de drame social et d’horreur subtile en fait un ovni dans le paysage actuel.
Zach Cregger, déjà remarqué pour son style audacieux, confirme qu’il faut désormais compter sur lui. Certains le voient déjà adapter un Resident Evil à sa manière, ancré dans le réel et débarrassé de tout superflu.
Thématiques fortes et messages cachés
Au-delà de l’enquête et des disparitions, le film aborde des thèmes universels :
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La peur de l’autre : quand le danger surgit, qui accuse-t-on en premier ?
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La fragilité des communautés : une façade de cohésion peut cacher des fractures profondes.
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La mémoire et l’Histoire : le film explore comment les drames passés influencent le présent.
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L’enfance et l’innocence : ce sont les enfants qui disparaissent, et ce choix n’est pas anodin.
Ces couches multiples rendent le film riche, propice aux débats et analyses après la séance.
Un conseil : voyez-le en salle
Certaines scènes prennent toute leur puissance sur grand écran. La bande-son, minimaliste mais oppressante, les silences pesants, les regards… Tout est pensé pour immerger le spectateur dans l’angoisse collective.
Et si vous aimez les films qui font réfléchir autant qu’ils font frissonner, ne manquez pas Évanouis.
En résumé
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Genre : Épouvante-horreur, thriller psychologique et social.
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Durée : 2h08.
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Réalisateur : Zach Cregger.
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Casting : Josh Brolin, Julia Garner, Alden Ehrenreich.
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Forces : Mise en scène soignée, récit choral, critique sociale, tension maîtrisée.
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Pourquoi le voir ? Pour frissonner, réfléchir, et découvrir un thriller intelligent et engagé.
Avec Évanouis, Zach Cregger signe un film de genre ambitieux, à la fois intime et universel. Un long-métrage qui interroge notre rapport à la peur, au collectif, et à notre passé. Un film qui reste en tête bien après la projection.