Le destin de certaines œuvres cinématographiques tient parfois à un fil, ou plutôt à la volonté d’un seul homme. C’est le cas du projet avorté connu sous le nom d’Alien 5, une suite directe qui devait marquer le grand retour de l’héroïne emblématique de la saga. Des années après sa mise au placard, l’actrice principale a confirmé ce que beaucoup suspectaient : le réalisateur du film originel a personnellement mis un terme au développement pour se concentrer sur sa propre vision de l’univers, laissant des millions de fans et une équipe créative sur le carreau. Alors que la franchise s’apprête à entrer dans une nouvelle ère avec un film et une série à venir, le fantôme de ce cinquième opus continue de hanter les esprits.
L’annulation d’Alien 5 : une décision controversée
L’annonce de l’annulation du projet a provoqué une onde de choc dans la communauté des amateurs de science-fiction. Ce qui semblait être une suite logique et attendue s’est transformé en l’un des plus grands “et si ?” de l’histoire du cinéma récent, une décision largement attribuée à une seule et même personne.
Le véto du créateur
Selon des déclarations récentes de l’actrice principale, le réalisateur du premier film a exercé son influence considérable pour stopper net le projet. Il aurait souhaité rester très protecteur avec la franchise qu’il a initiée des décennies plus tôt. Cette volonté de contrôle créatif a directement empêché le cinéaste en charge du nouveau film de poursuivre son travail, malgré un scénario déjà bien avancé et un enthousiasme palpable de la part du studio et des acteurs impliqués.
Un script prometteur mis au rebut
Le projet n’était pas une simple idée en l’air. Un scénario complet avait été développé, proposant une alternative narrative aux troisième et quatrième films de la saga. L’intention était de ramener des personnages iconiques et d’offrir une conclusion jugée plus satisfaisante à leur arc narratif. L’actrice a elle-même qualifié le travail du réalisateur de remarquable, soulignant la qualité exceptionnelle du concept qui ne verra malheureusement jamais le jour.
La position du studio
Pris entre deux feux, le studio 20th Century Fox a finalement cédé à la volonté du réalisateur originel. L’enthousiasme initial pour cette nouvelle direction a été supplanté par la priorité donnée aux préquels que ce dernier souhaitait développer. La décision a été perçue comme un choix de privilégier une vision d’auteur établie plutôt que de prendre le risque d’une nouvelle interprétation, même si celle-ci était portée par un cinéaste talentueux et soutenue par les figures historiques de la saga.
Cette intervention décisive n’est pas un acte isolé ; elle s’inscrit dans une longue histoire de contrôle et d’implication personnelle de la part du cinéaste sur la créature et son univers.
L’influence de Ridley Scott sur la saga Alien
Depuis la sortie du premier film, le réalisateur a toujours maintenu un lien étroit avec la franchise, même lorsqu’il n’était pas directement aux commandes. Son ombre plane sur chaque opus, et son retour en tant que réalisateur pour les préquels a réaffirmé son statut de gardien du temple, avec un pouvoir de décision quasi absolu sur l’avenir de la saga.
Un droit de regard incontesté
Le cinéaste considère l’univers Alien comme sa création et n’a jamais caché son désir de le façonner selon sa propre vision. Son influence ne se limite pas à la réalisation ; en tant que producteur, il a un poids considérable sur les orientations scénaristiques, le ton et l’esthétique de chaque projet. Cette mainmise explique pourquoi il a pu écarter une proposition qui ne correspondait pas à la direction philosophique qu’il souhaitait explorer.
Une vision philosophique contre une suite directe
Là où le projet avorté proposait un retour aux sources de l’action et de l’horreur, le réalisateur originel était engagé dans une tout autre voie avec ses préquels. Il cherchait à répondre à des questions existentielles sur les origines de l’humanité et du xénomorphe. Cette divergence de fond a rendu les deux projets incompatibles aux yeux de leur créateur.
| Élément de comparaison | Vision des préquels (réalisateur originel) | Vision d’Alien 5 (projet avorté) |
|---|---|---|
| Thème principal | Origines, création, mythologie | Survie, héritage, conclusion d’arc |
| Ton | Philosophique, horreur cérébrale | Action, horreur viscérale, tension |
| Lien avec la saga | Prequel, explication des mystères | Suite directe, continuité alternative |
| Rôle du xénomorphe | Résultat d’une ingénierie biologique | Menace primaire et implacable |
Cette vision très personnelle du réalisateur s’est donc heurtée de plein fouet aux attentes de l’actrice principale, qui voyait dans le projet annulé une occasion unique de dire adieu à son personnage.
Sigourney Weaver et sa vision d’Alien 5
Pour l’actrice qui a incarné l’une des plus grandes héroïnes du cinéma, ce cinquième film représentait bien plus qu’une simple suite. C’était l’opportunité de clore un chapitre de sa carrière de manière satisfaisante, en collaboration avec un réalisateur dont elle admirait profondément le travail.
Offrir une fin digne à Ellen Ripley
Après les événements controversés des troisième et quatrième films, beaucoup, y compris l’actrice elle-même, estimaient que le personnage méritait une conclusion plus honorable. Le scénario du projet avorté était perçu comme la chance de rectifier le tir, en proposant une fin puissante et cohérente avec l’évolution du personnage dans les deux premiers opus.
L’importance de la relation avec Newt
Un des aspects les plus excitants du projet était le retour annoncé du personnage de Newt, la jeune survivante du deuxième film. Le script prévoyait d’explorer leur relation des années plus tard, créant une dynamique mère-fille de substitution au cœur de l’intrigue. C’était un élément narratif particulièrement fort pour l’actrice, qui y voyait un potentiel émotionnel immense.
Une synergie créative brisée
L’actrice a souvent parlé de l’excellente entente qu’elle avait avec le réalisateur du projet. Ils partageaient une vision commune pour le film et étaient tous deux très investis dans sa conception. L’annulation a donc été une double déception : celle de ne pas pouvoir incarner Ripley une dernière fois, et celle de voir une collaboration aussi prometteuse brutalement interrompue.
Le projet reposait en grande partie sur l’enthousiasme et les idées novatrices de ce jeune cinéaste, dont l’implication a laissé une trace indélébile malgré l’échec final.
L’héritage de Neill Blomkamp dans le projet avorté
Avant même d’être officiellement rattaché au projet, le réalisateur sud-africain avait déjà conquis les fans avec sa vision audacieuse. Son approche, à la fois respectueuse du matériel d’origine et résolument moderne, a généré un engouement rarement vu pour un film qui n’a finalement jamais existé.
Des concept arts qui ont tout changé
Tout a commencé par une série de concept arts que le cinéaste a publiés sur les réseaux sociaux. Ces images saisissantes montraient une version vieillie mais toujours combative de Ripley, un caporal Hicks marqué par les cicatrices, et une Newt adulte prête à se battre. Ces visuels ont immédiatement capturé l’imagination du public, créant une demande massive pour que ce projet devienne réalité. Ils représentaient un “et si” tangible et excitant.
La proposition d’une chronologie alternative
La décision la plus audacieuse du projet était sans doute son postulat de départ : ignorer purement et simplement les événements d’Alien 3 et Alien : la résurrection. Le film aurait été une suite directe d’Aliens, le retour, créant une nouvelle branche dans la chronologie de la saga. Cette idée de “retcon” a divisé, mais a surtout séduit ceux qui étaient déçus par la tournure qu’avait prise la franchise.
Un réalisateur qui a tourné la page
Malgré la déception, le réalisateur a toujours fait preuve d’une grande classe. Il a publiquement exprimé son respect pour le créateur de la saga, reconnaissant qu’il s’agissait de “son univers” et qu’il était en droit de décider de sa direction. Depuis, il a déclaré avoir définitivement tourné la page et s’est consacré à d’autres projets personnels, laissant derrière lui le rêve brisé de millions de fans.
Ce rêve a été sacrifié sur l’autel des ambitions du réalisateur originel, qui avait des plans très précis pour l’avenir de sa création.
Les priorités de Ridley Scott : prometheus et Alien : covenant
L’annulation d’Alien 5 n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe d’une stratégie créative claire. Le réalisateur du premier film était alors pleinement engagé dans la construction de sa propre saga préquelle, une exploration des origines du xénomorphe qui, selon lui, primait sur toute autre histoire.
La quête des “ingénieurs”
Avec Prometheus, le cinéaste a déplacé le centre de gravité de la saga. L’horreur pure laissait place à un questionnement métaphysique sur nos créateurs, les fameux “ingénieurs”. Alien : Covenant a poursuivi cette exploration, en se concentrant sur l’intelligence artificielle et l’origine directe de la créature. Pour lui, c’était là que se trouvait le véritable cœur de la franchise, et non dans la continuité des aventures de Ripley.
Une chronologie d’événements implacable
La mise à mort du projet de suite s’est faite par étapes, suivant de près l’avancement de la saga préquelle :
- Début 2015 : Le projet de suite génère un buzz énorme grâce à ses concept arts.
- Printemps 2015 : Le réalisateur originel annonce la mise en chantier de la suite de Prometheus, qui deviendra Alien : Covenant.
- Fin 2015 : Le studio annonce que le projet de suite est mis en pause “indéfiniment” pour laisser le champ libre au préquel.
- 2017 : L’annulation est officieusement confirmée par le réalisateur de la suite, qui déclare être passé à autre chose.
Un succès critique et public en demi-teinte
Ironiquement, les préquels qui ont eu raison d’Alien 5 n’ont pas rencontré le succès escompté. Si Prometheus a bien fonctionné commercialement malgré des critiques partagées, Alien : Covenant a été une déception au box-office, laissant l’arc narratif des préquels inachevé. Ce résultat a conduit le studio à repenser entièrement l’avenir de la franchise.
Aujourd’hui, cet avenir se dessine à travers de nouvelles propositions qui semblent tirer les leçons du passé, en s’éloignant à la fois des préquels et du personnage de Ripley.
Alien : romulus et Alien : earth : la nouvelle ère de la franchise
Après l’échec relatif de la saga préquelle, la franchise est restée en sommeil pendant plusieurs années. Le rachat de la Fox par Disney a rebattu les cartes et ouvert la voie à une nouvelle stratégie : diversifier les formats et revenir aux fondamentaux qui ont fait le succès du premier film.
Un retour à l’horreur en huis clos
Le prochain film, intitulé Alien : Romulus, est présenté comme un retour aux sources. Réalisé par un jeune cinéaste passionné par la saga, il se déroulera entre les deux premiers films et mettra en scène un groupe de jeunes personnages confrontés au xénomorphe dans un environnement confiné. L’objectif est clair : retrouver la peur primale et la tension de l’original.
L’exploration d’un nouveau terrain de jeu : la Terre
En parallèle, une série télévisée est en développement. Intitulée provisoirement Alien : Earth, elle se déroulera pour la première fois sur notre planète. Ce projet ambitieux promet d’explorer les conséquences de l’arrivée du xénomorphe sur la société humaine, en abordant des thèmes comme la rivalité entre corporations et la militarisation de la créature. C’est un territoire narratif totalement inédit pour la franchise.
Une franchise qui apprend à vivre sans son icône
Ces deux projets ont un point commun : l’absence totale du personnage d’Ellen Ripley. La franchise semble avoir officiellement acté la fin de son histoire pour se concentrer sur de nouveaux personnages et de nouvelles situations. C’est une manière de prouver que l’univers Alien est assez riche pour exister par lui-même, mais cela sonne aussi comme le dernier clou dans le cercueil des espoirs des fans du projet avorté.
Ces espoirs, autrefois immenses, se sont transformés en une amertume durable pour une partie importante de la communauté de fans.
Les espoirs déçus des fans d’Alien 5
L’annulation du film n’a pas seulement été une déception pour l’équipe créative ; elle a laissé une cicatrice profonde au sein de la communauté des fans. Pour beaucoup, ce projet représentait la dernière chance de voir une conclusion satisfaisante à une histoire qu’ils chérissent depuis des décennies.
L’attente d’une “vraie” suite
Depuis la sortie d’Aliens, le retour en 1986, une grande partie du public attendait une suite qui soit à la hauteur. Les troisième et quatrième opus, bien que défendus par certains, n’ont jamais fait l’unanimité. Le projet annulé était vu comme la suite légitime, celle qui allait enfin rendre justice aux personnages et à l’esprit du film de James Cameron.
La puissance évocatrice du “what if”
Les concept arts ont joué un rôle crucial dans cette déception. Ils n’étaient pas de simples dessins, mais la promesse d’un film qui existait déjà dans l’imaginaire collectif. En donnant un visage à ce projet, ils ont rendu son annulation d’autant plus cruelle. Le film est devenu l’un des plus grands “films fantômes” de l’histoire, alimentant sans cesse les discussions sur ce qui aurait pu être.
Une communauté fracturée
L’affaire a également créé des divisions. D’un côté, les partisans du projet qui voient dans son annulation une trahison. De l’autre, les défenseurs de la vision du réalisateur originel et ceux qui s’opposaient à l’idée d’effacer deux films du canon officiel. Cette controverse a laissé des traces durables, illustrant la passion et l’attachement que cette saga inspire.
Au cœur de cette tempête se trouve l’actrice principale, dont l’avenir au sein de cet univers semble désormais scellé.
Le futur de Sigourney Weaver dans l’univers Alien
Si les fans ont longtemps espéré un revirement de situation, les déclarations récentes de l’actrice et l’orientation actuelle de la franchise semblent indiquer que le chapitre Ellen Ripley est bel et bien clos. L’icône de la science-fiction a laissé sa créature derrière elle pour se tourner vers de nouveaux horizons.
Une page qui semble tournée pour de bon
L’actrice a exprimé à plusieurs reprises qu’elle considérait avoir fait son temps avec le personnage. Après la déception de l’annulation, elle a déclaré que “le navire avait vogué” et qu’elle était heureuse de passer à autre chose. Elle estime que Ripley a eu une belle histoire et qu’il est temps de laisser la place à de nouveaux personnages et de nouvelles intrigues.
Un héritage cinématographique intouchable
Qu’elle revienne ou non, l’impact de son personnage sur le cinéma est indéniable. Ellen Ripley a redéfini les codes de l’héroïne d’action et de science-fiction, devenant un modèle pour des générations de personnages féminins. Son héritage est pérenne et ne dépend pas d’une apparition supplémentaire. Elle restera à jamais le cœur et l’âme de la saga originale.
Une carrière toujours au sommet
Loin de se reposer sur ses lauriers, l’actrice continue une carrière prolifique, notamment en collaborant avec d’autres grands noms du cinéma sur des franchises planétaires comme Avatar. Son parcours post-Alien prouve que son talent et son charisme transcendent un seul rôle, aussi iconique soit-il.
La saga Alien a donc été marquée par une lutte d’influence en coulisses, où la vision d’un créateur a eu raison d’un projet plébiscité par les fans et les acteurs. L’annulation d’Alien 5 reste un cas d’école sur le pouvoir d’un réalisateur sur sa franchise, une décision qui a privé le public d’un retour attendu mais qui a aussi forcé la saga à se réinventer. Aujourd’hui, entre un retour aux sources horrifiques et une expansion télévisuelle, l’univers du xénomorphe avance sans son héroïne originelle, laissant derrière lui le fantôme d’un film qui n’existera que dans l’imagination de ceux qui y ont cru.


