Le premier film consacré à l’Amazone a marqué les esprits, s’imposant comme un pilier critique et commercial pour l’univers cinématographique de DC. Sa suite, cependant, n’a pas rencontré le même écho, victime d’un contexte de sortie complexe marqué par la crise sanitaire et une diffusion simultanée en streaming. Une révélation récente jette une lumière nouvelle sur ce qui aurait pu être. Un scénario alternatif du film de 2017 prévoyait une scène post-générique introduisant un antagoniste majeur de l’univers cosmique de DC, Kalibak, le fils aîné de Darkseid. Cette simple addition aurait non seulement solidifié la place de l’héroïne dans la grande tapisserie de la franchise, mais aurait également servi de rampe de lancement directe pour le film choral Justice League. La décision d’abandonner cette idée a laissé le destin de Diana Prince en suspens, une incertitude amplifiée par la refonte totale de l’univers DC, désormais sous la houlette de ses nouveaux dirigeants. Alors qu’un projet de série préquelle reste officiellement en développement, l’absence de nouvelles concernant un film solo laisse les observateurs perplexes quant à la place de l’icône dans la stratégie à venir.
L’avenir incertain de Wonder Woman dans le DCU
L’héroïne la plus emblématique de l’écurie DC se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Après avoir été l’un des rares succès incontestés de la précédente mouture de l’univers partagé, son futur sur grand écran est désormais nimbé de brouillard. Les nouvelles têtes pensantes de DC Studios ont dévoilé une partie de leur plan, mais le nom de la princesse de Themyscira brille par son absence.
Du triomphe à l’incertitude
Le parcours cinématographique de Wonder Woman est fait de hauts et de bas. Le premier opus a été salué comme une bouffée d’air frais, un film qui a su capturer l’essence de l’héroïne avec force et modernité. Son succès a été un véritable tournant, prouvant que les personnages féminins pouvaient porter des blockbusters de super-héros au sommet du box-office. La suite, sortie dans des conditions difficiles, n’a pas réussi à capitaliser sur cet élan. Les critiques furent plus mitigées et ses résultats financiers, affectés par sa double sortie en salles et sur la plateforme HBO Max, n’ont pas atteint les sommets de son prédécesseur. Cette trajectoire en dents de scie a sans doute contribué à la situation actuelle, où le personnage semble mis en pause, en attente d’une nouvelle direction claire.
Une absence remarquée dans les nouveaux plans
Lors de l’annonce du premier chapitre du nouvel univers DC, intitulé “Gods and Monsters”, plusieurs projets ont été confirmés, dessinant les contours d’un monde en reconstruction. Cependant, parmi les films et séries annoncés, aucune mention d’un projet solo pour Wonder Woman. Cette omission est d’autant plus surprenante que le personnage est un pilier de la trinité DC, aux côtés de Superman et Batman. Les projets confirmés incluent :
- Un nouveau film sur l’homme d’acier.
- Un film centré sur la cousine de ce dernier, Supergirl.
- Une série explorant l’univers des Green Lanterns.
- Un film introduisant une nouvelle version du chevalier noir.
Le silence autour de Diana Prince soulève des questions légitimes sur la stratégie adoptée. Est-elle mise de côté temporairement ou sa réintroduction se fera-t-elle d’une manière encore non révélée ? L’incertitude est totale pour les admirateurs du personnage.
Cette situation de flottement contraste fortement avec une direction qui aurait pu être prise il y a plusieurs années, une voie qui aurait ancré Wonder Woman au cœur même des enjeux cosmiques de l’univers DC et qui aurait pu changer radicalement la perception de la saga.
L’impact d’une fin abandonnée sur l’univers de DC
L’histoire du cinéma est jalonnée de décisions de production qui, avec le recul, apparaissent comme des tournants majeurs. L’abandon de la scène post-générique du premier film Wonder Woman en est un exemple frappant. Cette courte séquence, si elle avait été conservée, aurait eu des répercussions significatives sur l’ensemble de la franchise, en établissant des connexions narratives bien plus solides entre les différents films.
Le pont vers la Justice League
Le scénariste du film a révélé que le plan initial incluait une scène finale qui aurait tout changé. Après le générique, le public aurait assisté à l’ouverture d’un “Boom Tube”, le portail de téléportation caractéristique des Nouveaux Dieux de DC Comics. De ce portail serait sorti Kalibak, le fils brutal de Darkseid, prêt à préparer le terrain pour l’invasion de son père. Cette inclusion n’était pas un simple clin d’œil, mais un véritable prologue au film Justice League. Elle aurait explicitement lié la Première Guerre mondiale, théâtre du film de Wonder Woman, à la menace cosmique imminente, créant une continuité narrative forte et organique.
Une cohésion narrative sacrifiée
En choisissant de ne pas inclure cette scène, la production a manqué une occasion en or de renforcer la cohésion de son univers partagé. Le film Justice League a par la suite introduit Steppenwolf comme principal antagoniste, mais sa connexion avec les événements précédents semblait ténue. La scène avec Kalibak aurait permis d’installer la menace d’Apokolips bien en amont, donnant plus de poids et d’urgence à la formation de l’équipe de super-héros. Elle aurait fait de Wonder Woman, non seulement une héroïne de son propre film, mais aussi la première sentinelle consciente du danger galactique qui pesait sur la Terre. Cet abandon a contribué à l’impression d’un univers naviguant à vue, assemblant ses pièces sans une vision d’ensemble claire, un reproche souvent adressé à la franchise à cette époque.
L’éviction de cette scène a donc non seulement privé le public d’un moment fort, mais elle a aussi écarté un personnage qui aurait pu devenir un antagoniste mémorable pour l’univers cinématographique DC.
Kalibak : un méchant culte écarté
L’introduction manquée de Kalibak dans le DCEU représente plus que la suppression d’une simple scène. C’est le symbole d’une occasion ratée d’explorer une facette riche et appréciée de la mythologie DC : celle des Nouveaux Dieux créés par le légendaire Jack Kirby. En écartant ce personnage, le studio s’est privé d’un antagoniste puissant et d’une connexion directe avec le plus grand méchant de son catalogue.
Portrait d’un guerrier d’Apokolips
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec les comics, Kalibak est une figure incontournable de l’entourage de Darkseid. Il est son premier fils, un guerrier d’une force et d’une brutalité extrêmes, dont le seul but est de gagner l’approbation de son père tyrannique. Contrairement à d’autres vilains plus cérébraux, Kalibak est une force de la nature, un bélier dont la puissance rivalise avec celle de Superman ou de Wonder Woman. Sa loyauté féroce et sa jalousie envers les autres lieutenants de Darkseid en font un personnage complexe et tragique. Son apparence monstrueuse et son tempérament sauvage en auraient fait un adversaire visuellement et physiquement impressionnant pour les héros de la Terre.
Comparaison des menaces cosmiques au cinéma
L’absence de Kalibak et le traitement réservé à la menace d’Apokolips dans le DCEU contrastent avec la construction patiente de l’antagoniste principal de l’univers concurrent. Le tableau ci-dessous met en évidence cette différence d’approche dans la mise en place des grands vilains cosmiques.
| Approche Narrative | Univers Cinématographique Marvel | DC Extended Universe (version initiale) |
|---|---|---|
| Antagoniste principal | Thanos | Darkseid |
| Première apparition (teasing) | Scène post-générique (2012) | Mentionné/aperçu dans une version alternative (2017/2021) |
| Lieutenants introduits | Loki, Ronan, l’Ordre Noir (progressivement) | Steppenwolf (directement), Kalibak (coupé) |
| Construction de la menace | Sur plusieurs films et plusieurs années | Concentrée sur un seul film (Justice League) |
Ce tableau illustre comment une introduction précoce de personnages comme Kalibak aurait pu aider le DCEU à construire sa propre saga cosmique de manière plus structurée, préparant le public à l’arrivée inéluctable du maître d’Apokolips et renforçant la connexion entre les films.
Cette connexion manquée est particulièrement flagrante lorsqu’on analyse le rôle que cette scène aurait joué en amont du plus grand rassemblement de héros de cet univers.
Justice League et la connexion manquée
L’abandon de la scène avec Kalibak a eu un effet domino, dont la plus grande victime fut sans doute le film Justice League. Ce qui aurait dû être l’aboutissement de plusieurs fils narratifs a finalement souffert d’un manque de fondations solides, un problème que cette simple scène aurait pu en partie résoudre.
Un avertissement ignoré
La fin alternative de Wonder Woman aurait agi comme un avertissement clair et direct. Le public, et implicitement Diana, auraient su qu’une force hostile connaissait l’existence de la Terre et se préparait à frapper. Cela aurait donné à l’invasion de Steppenwolf dans Justice League un caractère inévitable plutôt qu’soudain. La quête des Boîtes Mères par le général d’Apokolips aurait été perçue non pas comme un événement isolé, mais comme la deuxième phase d’un plan longuement mûri. La tension narrative aurait été décuplée, et la nécessité pour les héros de s’unir aurait semblé encore plus pressante et justifiée.
L’implication personnelle de Diana
Au-delà de l’aspect narratif global, la scène aurait renforcé l’implication personnelle de Wonder Woman dans le conflit. Ayant été témoin, même indirectement, de l’arrivée du premier émissaire d’Apokolips, elle aurait porté le fardeau de cette connaissance pendant des décennies. Son empressement à former la Justice League n’aurait plus été seulement une réaction à la mort de Superman, mais aussi l’accomplissement d’une veille qu’elle aurait montée en secret. Cela aurait ajouté une profondeur tragique à son personnage, celui d’une guerrière immortelle consciente d’une menace que le monde ignorait. Cette connexion manquée a privé le personnage d’un arc narratif puissant qui aurait traversé les films.
Avec la fin de cette ère cinématographique, le regard se tourne désormais vers les nouveaux architectes de l’univers DC et leur vision pour l’Amazone.
James Gunn et Peter Safran : quelle vision pour Diana Prince ?
L’arrivée des nouveaux co-présidents de DC Studios a sonné le glas de l’ancien univers cinématographique et a ouvert la porte à une refonte complète. Dans ce grand remaniement, la question de la place de Wonder Woman est centrale. Les fans attendent de savoir quel traitement sera réservé à l’un des personnages les plus importants de la pop culture.
Une page blanche pour l’Amazone
La nouvelle direction a clairement indiqué sa volonté de repartir de zéro, avec un univers connecté et cohérent planifié sur plusieurs années. Cette approche “table rase” signifie que les versions précédentes des personnages, y compris celle de Wonder Woman, ne seront probablement pas reconduites. C’est une opportunité de réimaginer l’héroïne pour une nouvelle génération. Cependant, cette page blanche est aussi source d’inquiétude. Aucun projet de film solo n’a été annoncé dans la première vague de productions, laissant planer le doute sur le moment et la manière dont Diana Prince fera son retour sur le devant de la scène.
Les priorités du nouveau DCU
La stratégie initiale du nouveau DCU semble se concentrer sur l’établissement de nouvelles versions de ses figures de proue comme Superman, tout en explorant des coins moins connus de son univers avec des projets comme The Authority ou Swamp Thing. Cette diversification est excitante, mais elle relègue Wonder Woman à un statut d’attente. Les dirigeants ont évoqué l’importance de la “trinité” DC, mais dans les faits, seul Superman a un film daté pour lancer ce nouvel univers. Il est possible que leur plan soit de la réintroduire plus tard, une fois les bases du nouveau monde solidement établies, pour donner à son retour l’impact qu’il mérite.
En l’absence d’un film, un autre projet pourrait néanmoins servir à maintenir l’univers de l’Amazone vivant dans l’esprit du public.
La série préquelle de Wonder Woman : un futur prometteur ?
Alors que l’avenir cinématographique de Diana Prince reste flou, un projet de série télévisée offre une lueur d’espoir pour les fans de sa mythologie. Intitulée Paradise Lost, cette série préquelle est l’un des rares projets liés à l’univers de Wonder Woman à avoir été officiellement confirmé par la nouvelle direction de DC Studios.
Themyscira avant Diana
Le concept de la série est ambitieux et intrigant. L’histoire se déroulerait sur l’île de Themyscira, bien avant la naissance de Diana. Elle est décrite comme un drame politique, une sorte de “Game of Thrones” au sein de la société exclusivement féminine des Amazones. Le projet devrait explorer les origines de cette civilisation, ses luttes de pouvoir internes, ses factions et les intrigues qui ont façonné le lieu de naissance de la future Wonder Woman. Cette approche permet d’enrichir considérablement le lore du personnage sans avoir à la montrer directement, en construisant un monde riche et complexe qui rendra sa propre histoire encore plus significative lorsqu’elle sera racontée.
Maintenir la flamme en attendant le film
Paradise Lost pourrait jouer un rôle stratégique crucial dans le nouveau DCU. En explorant la mythologie des Amazones, la série peut maintenir l’intérêt du public pour cet aspect de l’univers DC tout en préparant le terrain pour la réintroduction de Wonder Woman elle-même. Elle peut établir les règles, les traditions et les personnages clés de Themyscira, offrant une base solide sur laquelle un futur film pourra s’appuyer. C’est une manière intelligente de faire vivre la franchise sans brûler la cartouche d’un nouveau film solo trop tôt. La série pourrait être le socle sur lequel le retour de l’héroïne sera bâti, assurant que lorsqu’elle arrivera, le monde sera prêt à l’accueillir.
L’avenir de Wonder Woman est un puzzle complexe. Entre la révélation d’une connexion manquée qui aurait pu solidifier son importance dans l’ancien univers et son absence actuelle des plans cinématographiques du nouveau, le personnage navigue en eaux troubles. La scène abandonnée avec Kalibak reste le symbole d’un potentiel inexploité, celui d’une saga cosmique plus cohérente. Aujourd’hui, l’incertitude domine, bien que la promesse de la série préquelle Paradise Lost offre une perspective intéressante pour explorer sa mythologie. Le statut de l’Amazone, pilier de l’univers DC, reste l’une des plus grandes interrogations de la nouvelle ère qui s’ouvre, laissant les spectateurs dans l’attente d’un signe annonçant le retour triomphal de leur héroïne.

