L’attente des admirateurs du plus célèbre détective de Baker Street se prolonge depuis plus d’une décennie. Après deux opus salués pour leur énergie et leur réinterprétation audacieuse du canon littéraire, la perspective d’un troisième volet est devenue une véritable arlésienne pour le public. Pourtant, en coulisses, le désir de redonner vie à ce Sherlock Holmes moderne n’a jamais faibli, porté par l’acteur principal lui-même et sa femme, productrice de la franchise. Entre les obstacles logistiques et les nouvelles ambitions créatives, le projet semble aujourd’hui à un tournant, oscillant entre l’hommage et une réinvention qui pourrait surprendre.
Le retour de Robert Downey Jr. dans le rôle de Sherlock Holmes
Un engagement personnel de l’acteur
L’interprète du détective n’a jamais caché son attachement profond pour le personnage. Loin de considérer ce rôle comme un simple jalon dans sa carrière, il a maintes fois exprimé son enthousiasme à l’idée de revêtir à nouveau le costume et de replonger dans l’esprit analytique et excentrique de Holmes. Cet intérêt n’est pas feint ; il est le moteur principal qui maintient le projet en vie aux yeux du studio et des fans. C’est une volonté affirmée de vouloir offrir une conclusion ou une nouvelle aventure digne des deux premiers films, un chapitre final qui rendrait justice à l’héritage de sa performance.
Au-delà du blockbuster : un personnage iconique
Incarner Sherlock Holmes représente un défi unique. L’acteur a su proposer une version physique, névrosée et brillante, qui a dépoussiéré l’image parfois austère du personnage. Revenir à ce rôle est aussi une manière de se reconnecter à une création qui lui est chère, une composition d’acteur qui a marqué les esprits. Il ne s’agit pas seulement de participer à une franchise lucrative, mais de retrouver la complexité d’un personnage qu’il a contribué à redéfinir pour une nouvelle génération de spectateurs.
Les attentes du public
Le public, de son côté, n’a pas oublié cette interprétation. Les fans attendent avec impatience de retrouver les éléments qui ont fait le succès des premiers films, notamment :
- Le style de combat unique et pré-calculé de Holmes.
- Son humour pince-sans-rire et son arrogance teintée de génie.
- Sa capacité à résoudre des énigmes en apparence insolubles grâce à son sens de l’observation hors du commun.
- La dynamique visuelle et le rythme effréné insufflés par la réalisation.
L’implication de l’acteur principal est donc la pierre angulaire du projet, mais son retour ne peut s’envisager sans son inséparable acolyte, dont la présence est tout aussi cruciale pour l’équilibre de la saga.
Un duo Holmes-Watson toujours apprécié
Une alchimie à l’écran incontestable
Le succès des films repose en grande partie sur la relation complexe et touchante entre Sherlock Holmes et le docteur John Watson. Leur dynamique, oscillant entre l’amitié fraternelle, l’exaspération mutuelle et une loyauté sans faille, constitue le cœur émotionnel des aventures. Cette alchimie, portée par deux acteurs au sommet de leur art, a été unanimement saluée comme le point fort de la franchise. Elle apporte une humanité indispensable à un personnage principal qui pourrait autrement paraître froid et distant.
La critique unanime
Dès la sortie du premier opus, les critiques ont souligné la qualité de ce duo. Il a souvent été cité comme l’élément qui élevait les films au-dessus du simple divertissement d’action. La complémentarité des deux personnages a été perçue comme un modèle d’adaptation réussie.
| Aspect du film | Appréciation critique générale |
|---|---|
| Dynamique Holmes-Watson | Excellente / Point fort majeur |
| Scénarios et intrigues | Solide / Efficace |
| Réalisation et style visuel | Innovant / Énergique |
| Fidélité à l’œuvre originale | Libre mais respectueuse dans l’esprit |
L’importance du contrepoint
Le personnage de Watson est essentiel en tant que contrepoint. Il est l’ancre qui relie Holmes au monde réel, le baromètre de sa moralité et souvent sa seule conscience. Sans Watson, Holmes n’est qu’un génie asocial ; avec lui, il devient un héros, bien que torturé. C’est cette interaction qui donne toute sa saveur aux histoires et que les spectateurs souhaitent ardemment retrouver.
Malgré cette formule gagnante et le désir des acteurs de collaborer à nouveau, plusieurs facteurs externes ont empêché le projet de se concrétiser pendant de nombreuses années.
Des obstacles de production et la pandémie : des freins à la sortie
Des agendas surchargés
Pendant près d’une décennie, les carrières des acteurs principaux et du réalisateur ont explosé, les liant à d’autres franchises cinématographiques d’envergure mondiale. Coordonner les emplois du temps de chacun est devenu un véritable casse-tête logistique. Un projet pour un troisième film a failli voir le jour, mais les fenêtres de disponibilité ne coïncidaient jamais, repoussant sans cesse la mise en production. L’alignement des planètes semblait tout simplement impossible à obtenir.
L’impact de la crise sanitaire mondiale
Alors que les choses semblaient enfin pouvoir se décanter, la pandémie de Covid-19 a frappé l’industrie du cinéma de plein fouet. Comme d’innombrables autres productions, le projet a été mis en pause indéfiniment. Les retards accumulés, les nouvelles réglementations sanitaires sur les tournages et l’incertitude générale du marché ont ajouté une couche de complexité supplémentaire, gelant les ambitions de l’équipe pour plusieurs années.
Une fenêtre d’opportunité qui se referme ?
Le temps passant, de nouvelles questions se posent. Le public est-il toujours aussi captif ? Le style qui a fait le succès des films est-il encore pertinent aujourd’hui ? Ces retards ont eu un effet paradoxal : ils ont augmenté l’attente des fans, mais ont aussi forcé l’équipe créative à repenser son approche pour s’assurer que le film, s’il se fait, soit à la hauteur des enjeux actuels.
Cette période de latence forcée a cependant permis à de nouvelles idées audacieuses de germer, notamment une qui pourrait radicalement changer la nature même de l’aventure.
Sherlock Holmes 3 : une nouvelle intrigue sur le sol américain ?
Un changement de décor radical
L’une des pistes les plus sérieusement envisagées par l’équipe de production est de délocaliser l’intrigue. Fini les rues embrumées de Londres, place au Nouveau Monde. L’idée de transporter le détective sur le sol américain, peut-être dans le Far West ou dans une métropole naissante comme New York, est sur la table. Un tel déplacement constituerait un véritable choc culturel pour un personnage si intrinsèquement britannique. Le titre de travail évoqué, “221B Washington Street”, illustre parfaitement cette ambition de dépaysement.
Les implications narratives
Un tel changement ouvrirait de vastes possibilités scénaristiques et thématiques. Cela permettrait d’explorer :
- La confrontation de la logique et de la science déductive de Holmes avec la brutalité et le chaos de la frontière américaine.
- L’introduction de nouveaux types d’adversaires, comme des magnats de l’industrie corrompus ou des hors-la-loi.
- Une dynamique renouvelée pour le duo Holmes-Watson, tous deux étant des étrangers en terre inconnue.
- Une esthétique complètement différente, s’éloignant du gothique victorien pour embrasser les paysages américains.
Une prise de risque calculée
Cette direction est audacieuse. Elle pourrait dérouter les puristes de l’œuvre de Conan Doyle, mais elle a le mérite d’éviter la redite et de proposer une aventure véritablement nouvelle. C’est une manière intelligente de justifier la longue attente en offrant quelque chose que les spectateurs n’ont jamais vu. Le défi sera de conserver l’essence des personnages tout en les plongeant dans un environnement radicalement différent.
Ce nouveau cadre potentiel soulève des questions sur les personnages qui peupleront cette histoire, et notamment sur la place réservée à l’ennemi juré du détective.
Le rôle éventuel de Moriarty : un point d’interrogation
Le Némésis par excellence
Le professeur Moriarty, le “Napoléon du crime”, était l’antagoniste principal du deuxième film, et sa confrontation avec Holmes aux chutes de Reichenbach semblait avoir scellé son destin, ainsi que celui du détective. Sa présence intellectuelle plane sur toute la saga. Il est le seul adversaire que Holmes considère comme son égal, ce qui rend son personnage absolument central dans la mythologie du détective.
Les théories des fans
L’incertitude quant à son retour alimente de nombreuses spéculations. A-t-il survécu à sa chute ? Son influence pourrait-elle se faire sentir depuis l’outre-tombe, à travers un réseau criminel qu’il aurait laissé derrière lui ? Les producteurs pourraient choisir de le faire revenir via des flashbacks, ou d’introduire un nouvel antagoniste qui serait son héritier spirituel. L’ambiguïté est totale, et le secret est bien gardé.
L’incertitude des producteurs
L’équipe créative est face à un dilemme. Ramener Moriarty pourrait être perçu comme une facilité scénaristique et diminuer l’impact de la fin du deuxième film. Cependant, se passer complètement de la figure du Némésis pourrait priver le troisième opus d’un enjeu à la hauteur. La décision qui sera prise concernant ce personnage sera déterminante pour la tonalité et la portée de la nouvelle intrigue.
Quelle que soit l’orientation choisie pour l’histoire, la viabilité du projet repose avant tout sur la détermination sans faille de ses initiateurs.
L’engagement de Susan et Robert Downey pour une suite prometteuse
Une vision de productrice
Il est crucial de rappeler que l’acteur principal n’est pas le seul à porter ce projet. Sa femme, productrice des deux premiers films, est une force motrice essentielle. Elle partage la même affection pour cet univers et possède une vision claire de son potentiel. Son rôle est de s’assurer que toutes les pièces du puzzle, qu’elles soient créatives, logistiques ou financières, s’assemblent de manière cohérente pour donner naissance à un film de qualité.
Un univers étendu en perspective ?
L’ambition du couple de producteurs pourrait aller au-delà d’un simple troisième film. L’idée de développer un univers cinématographique et télévisuel autour des personnages créés par Arthur Conan Doyle a été évoquée. Ce troisième volet pourrait ainsi servir de rampe de lancement pour des projets dérivés, explorant d’autres enquêtes ou se concentrant sur des personnages secondaires. Cette vision à long terme témoigne d’un investissement qui dépasse le cadre d’une seule suite.
La passion comme moteur
En fin de compte, ce qui rend une suite encore possible après tant d’années, c’est la passion authentique de ses principaux artisans. Leur désir n’est pas seulement de capitaliser sur un succès passé, mais de “bien faire les choses”, de prendre le temps nécessaire pour développer une histoire qui vaille la peine d’être racontée. C’est cet engagement personnel qui constitue la meilleure garantie pour les fans que, si Sherlock Holmes 3 voit le jour, ce sera pour les bonnes raisons.
Au bout du compte, le projet d’un troisième film Sherlock Holmes reste un fascinant mélange d’incertitudes et de promesses. La volonté de l’acteur principal et de sa productrice de redonner vie au duo Holmes-Watson est intacte, malgré les nombreux obstacles rencontrés. L’idée d’une délocalisation de l’intrigue aux États-Unis offre une perspective de renouveau excitante, même si elle pose des questions sur la place des figures iconiques comme Moriarty. L’avenir de la franchise repose désormais sur la capacité de l’équipe à transformer cette longue attente en une opportunité créative pour surprendre et ravir à nouveau son public.


